Le Monogène qui a perdu ses pinces

<p><strong>Le Monogène qui a perdu ses pinces</strong></p> <p><em>Traduction en français du résumé de l’article :</em></p> <p><strong>The Monogenean which lost its clamps</strong></p> <p>PLoS One, 2013, 8(11): e79155. (publié le 22 novembre 2013)</p> <p>http://www.plosone.org/article/info%3Adoi%2F10.1371%2Fjournal.pone.0079155doi: 10.1371/journal.pone.0079155 http://dx.doi.org/10.1371/journal.pone.0079155PubMed : http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/24278118</p> <p>Résumé</p> <p>Les ectoparasites sont confrontés à un défi quotidien : rester attachés à leurs hôtes. Les Monogènes Polyopisthocotylea s’attachent généralement à la surface des branchies des poissons à l'aide de structures hautement spécialisées, les pinces sclérifiées. Dans la description originale de l'espèce de Protomicrocotylidae <em>Lethacotyle fijiensis</em>, il y a 60 ans, les pinces ont été considérées comme absentes, mais peu de spécimens étaient disponibles et cette observation a été plus tard mise en question. En outre, les genres au sein de la famille Protomicrocotylidae ont des pinces soit du type « Gastrocotylidae », soit du type « Microcotylidae » ; cela rendait perplexes les systématiciens parce que ces types de pinces sont caractéristiques de groupes majeurs et distincts. La découverte d'un autre espèce, nouvelle, du genre <em>Lethacotyle</em>, nous a permis d'explorer la nature des structures de fixation chez les Protomicrocotylidae. <em>Lethacotyle vera</em> n. sp. est décrite des branchies de <em>Caranx papuensis</em>, une carangue de Nouvelle-Calédonie. Elle se distingue de <em>Lethacotyle fijiensis</em>, la seule autre espèce du genre, par la longueur des épines copulatrices mâles. Des séquences de l’ADNr 28S ont été utilisées pour construire un arbre, dans lequel <em>Lethacotyle vera</em> était groupée avec d'autres Protomicrocotylidae. L'identité du poisson hôte a été confirmée par des barcodes COI. Nous avons constaté que les Protomicrocotylidae ont des structures spécialisées associées à leur organe de fixation, telles que des volets latéraux et des stries transversales, qui ne sont pas connues chez d'autres Monogènes. Nous avons donc émis l'hypothèse que les pinces, chez les Protomicrocotylidae, ont été perdues de manière séquentielle au cours de l'évolution, ce qui a coïncidé avec le développement d'autres structures de fixation. Pour tester cette hypothèse, nous avons calculé la surface des pinces et du corps de 120 espèces de Monogènes Gastrocotylinea, à partir de descriptions publiées. Le plus bas rapport de la surface des pinces sur la surface du corps était chez les Protomicrocotylidae. Nous concluons que les pinces des Protomicrocotylidae sont des organes vestigiaux, et que la présence de pinces du type « Microcotylidae » et du type plus simple « Gastrocotylidae » dans la même famille sont des étapes dans une séquence évolutive, qui a conduit à l'absence de ces attributs chez les espèces de <em>Lethacotyle</em>.</p>